Compulsions alimentaires

J’ai pensé que cet article pourrait en intéresser quelques-unes (je dis “unes” parce que les troubles alimentaires se retrouvent beaucoup plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes).

Il est tiré de Rose-Marie Richon, thérapeute humaniste qui a été confronté aux troubles de l’alimentation pendant plusieurs années.

On entend toute sorte de régime. Avec l’arrivée de l’été les magazines fleurissent de nouveaux régimes, tous soi-disant encore mieux que les autres. Le problème de ces regimes est qu’ils créent le plus souvent des carences. Et qu’a la fin du regime, les kilos reviennent vite, voir plus.

La prise de poids est certes liée a une alimentation saine et équilibrée (même si a mon avis c’est important de se faire plaisir!), une activité physique régulière mais un point important et qui me parait crucial est la gestion ou plutôt digestion de nos émotions.

Quesaquo??

Tout commence par le fonctionnement de notre cerveau. Il est divisé en trois parties distinctes à savoir:

  • le cortex: c’est celui qui va décider de mincir. Celui qui sera plein de bonnes intentions pour relever le défi.
  • le cerveau limbique: il gère les émotions et adore la récompense. C’est celui qui se moque royalement des bourrelets et qui ne pense qu’à la gratification immédiate notamment avec ces “aliments doudous”.
  • le cerveau reptilien: il assure la survie et contient les mémoires archaïques. Il est encore plus puissant que le cerveau limbique. Il se crispe dès qu’il y a un danger, adore la routine. Une restriction alimentaire lui rappelle les famines.

On se retrouve donc à deux contre un et la volonté seule ne fait pas ou difficilement le poids.

Outre la frustration engendrée par la restriction, le fait que ces régimes manquent souvent de bonnes graisses contribue à agir sur l’humeur. Ces bonnes graisses sont indispensables à la synthèse des hormones et des neurotransmetteurs. Le fait de s’affamer va engendrer un déséquilibre au niveau des systèmes nerveux et hormonal d’où une sensibilité accrue aux émotions. De plus, la sensation de bien-être générée par l’alimentation est très puissante, autant qu’une drogue pour les personnes y étant sensibles.

Il est donc indispensable d’apprendre à gérer et accueillir ses émotions. Le problème est que les personnes souffrant de troubles alimentaires se sont tellement blindées pour ne pas souffrir qu’il est difficile de remonter à la source, à l’événement déclencheur qui a pu intervenir, parfois, quelques jours avant la compulsion.

Afin de comprendre ce comportement automatique il faut dérouler le fil. Cela passe par 3 étapes:

  • Il se produit un événement qui va entraîner une pensée automatique.
  • Cette pensée est négative mais la personne n’en a pas forcément conscience car cela va trop vite.
  • Emotion qui en découle. Il est aussi souvent difficile de l’identifier car cela va très vite. Mais la sensation est tellement désagréable que le comportement automatique arrive et on mange.

Cela peut ensuite générer une autre pensée automatique parce que la personne ne se sentira pas bien du fait d’avoir craqué et on retombe dans le schéma. C’est ce qui s’appelle un cercle vicieux qui va entraîner des conflits internes entre la personne et elle-même.

Je fais une petite aparté sur les émotions. Cela n’est pas forcément le cas pour tout le monde mais on peut faire ressortir deux types d’émotions, chacune engendrant des pulsions alimentaires vers des aliments différents. Il y a les émotions “de tête” qui sont la colère, l’agressivité et toutes les émotions liées au stress. Les aliments consommés dans ce cas là seraient essentiellement des aliments croquant à savoir gâteaux, fruits secs, chips. Il y a des émotions “de coeur”, la tristesse, solitude, fatigue, besoin de réconfort. Ici la tendance serait de consommer des aliments à la texture moelleuse.

Pour en revenir à nos moutons, outre l’aspect psychologique de la chose, il y a l’aspect physiologique qui est important de mentionner car il permet aussi de comprendre nos réactions au niveau psychologique (car malgré les “on-dits”, mental et corporel sont totalement liés!!).

Tout se passe au niveau du foie. La toxine appelle la toxine et ici, le sucre appelle le sucre. Une hyperglycémie entraîne une hypoglycémie réactionnelle (suite à la libération d’insuline par le pancréas et au stockage du sucre par le foie sous forme de glucose) qui entraîne donc un nouvel appel au sucre. Le foie s’encrasse avec des stocks inutiles de glycogène. Cela créé des déséquilibres hormonaux qui influent directement sur l’humeur.

Quelles solutions? Après avoir trop mangé, il peut être bien d’aider la digestion avec la prise d’huiles essentielles comme la menthe poivrée, basilic, romarin. Attendre ensuite que la faim revienne et lui donner alors les meilleurs aliments possibles afin de bien nourrir la cellule. Une cellule bien nourrie fonctionnera bien et ne fera pas appel au sucre. En revanche, au niveau émotionnel, le mécanisme peut prendre plus de temps à changer. Il est important de ne pas se culpabiliser, si un besoin “d’aliments doudous” se fait encore sentir et que l’on craque, se pardonner est un premier pas. Essayer ensuite de comprendre ce qui s’est passé aidera à éviter que cela se reproduise. Pas nécessairement du premier coup mais avec le temps cela viendra. Mais pour cela il est importat d’écrire afin d’identifier, au bout d’un moment, quel est le besoin non couvert sur l’instant qui est l’élément déclencheur. Le fait de reconnaîtrece besoin est un très grand pas en avant et permettra par la suite de compenser par autre chose ou de le gérer afin de ne pas se tourner vers ces “aliments doudous”.  Enfin, sur le plus long terme, apprendre ou réapprendre a déguster, à bien mastiquer et prendre un plaisir de gourmet à manger afin de voir l’alimentation comme un plaisir qui nous soigne plutôt que comme une pulsion qui nous calme sur le moment mais qui nous fait nous sentir tellement mal après coup.

Tout cela prend du temps. Cela peut paraître un travail de titan au début, une aide est souvent nécessaire, mais avec de la patience et de la bienveillance envers soi-même il est possible de réapprendre à aimer manger et aimer se faire du bien tout en pouvant se regarder dans la glace ensuite et être fière de ce que l’on y voit 🙂

 

 

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